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Crazy Race

Arrived in Durban at noon.

Johannesbourg allée de Jacarandas_0036_preview

Jacaranda-lined avenue

This trip so far has been a crazy race.  I don’t usually pick such hyper travel companions.

Truth is I’m mentally, if not physically, exhausted, have no time to write, let alone to think.

So I took the day off today!

Enough is enough!  “I vant to be alone”( Greta Garbo).

Up at 5:30 to see the elephants; IMG_0569 the rhinos;Hluhluwe rhinocéros blanc_5787the giraffes;IMG_0463 (2)buffaloes;Botswana Parc Chobe Buffle_6258_previewwildebeests;Parc Kruger gnous_7018warthogs,Botswana lodge Phacochère et bébés_4014_previewall that in a semi-coma. I declined the visit to the Zulu village (fake in my opinion) and a second safari in the afternoon.

Went back to my tent  after breakfast and slept until 11.

Being a pathetic photographer, it’s only because the animals were rather lethargic themselves that I managed to catch them in semi-action.

Today is pretty good though, the lodge is practically empty, I just had lunch in blessed aloneness.

I’m sitting on the wide veranda overlooking the savanna with its acacia trees and listening to the songs of weaver birds and sing-song Zulu talk of the personnel.  It almost sounds like very fast-spoken Italian.

veranda

Zulu Nyala Heritage Hotel

My travel companions are no younger than I am, but they all seem to be on some sort of crazy mission, as if it were their last trip: they have to see everything, go everywhere non-stop, rush from one destination to another and comment everything . You’d believe they’ve never seen anything, perhaps have I seen too much… Let’s say that I prefer to see one thing and see it well.

I usually organize my own trips, rent a car and keep some time to loiter, do nothing, get lost, absorb, listen… This time we have some sort of a mini-van.

Well, live and learn.  Organizing a trip takes a lot of time and trouble but it’s worth it, you hold the rudder and sail your ship at your own rhythm.

Moment of grace this afternoon: As I was walking under the yet to be identified tree where the weavers have set up their GQ.  The little guys were busy fluttering in and out of their woven egg of a nest.weaver-bird-nests-img_6552c2a9maria-de-bruynres Fluffy, tiny yellow and black creatures.  Hluhluwe lodge Tisserin intermédiaire - Lesser Masked-Weaver_5983_preview (1)

Sounds of the night: some huge croaking frog or toad; something like two bamboo sticks knocking against each other; the birds have gone to sleep.Botswana Parc Chobe paysage coucher de soleil_3168_preview

It doesn’t take much to make me happy, to make my day.  The aloneness and little yellow birds. Walking fast on a red earth road, this morning, the endless savanna and nothing else ahead of me, except for the occasional baby antelope.terre rouge

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Baby Roan Antelope

 

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Contingences pratiques: de Sucre à Potosí

6 octobre, 2012

Et puisqu’il est question de contingences pratiques, on peut en remettre.  Je devais partir à 9 h ce matin pour Potosí, mais à 10.30, j’étais encore en train de chercher une banque qui accepterait ma carte de crédit contre de l’argent comptant.  Il ne manque pas de banques à Sucre, il y en a une à chaque coin de rue, mais pas moyen de faire des affaires.  J’en étais sérieusement rendue à songer à prendre le bus pour Potosí et à annuler ce rutilant 4×4 que je ne pouvais payer comptant.  La fille commençait à s’énerver, d’autant plus qu’une fois rendue à Potosí il me faudrait encore passer le reste de la journée à organiser mon périple jusqu’au Salar.  Je commence à me demander s’il n’y aurait pas un message caché dans tous ces obstacles…
Puis, miracle, une banque (me souviens plus laquelle) a jugé ma carte Visa satisfaisante.
Sauvée!
La route de Sucre à Potosi est semée de jacarandas sauvages que la pierraille des sommets n’empêche pas d’exploser en bouquets de fleurs lilas.  jacarandaÀ chaque détour de la route, le paysage change, comme si on changeait à chaque fois le fond de scène.  Les sommets arrondis, de couleurs pastelles succèdent aux formation torturées, blanchâtres ou anthracite, les vallées verdoient et le ciel, illuminé de rares bouffées de nuages incandescents, est d’un bleu quasi-artificiel à force d’étre bleu, un bleu qu’on dirait peint, un bleu plus bleu que celui du ciel de Grèce.


Potosí a de vagues allures de ville du Far West qui se serait payé des églises et des palais baroques, sauf que le mines d’argent ici sont toujours en opération et que j’éviterai soigneusement de suivre le conseil de ma bonne amie cette fois et d’y mettre ne serait-ce que le bout du pied.  Je me contenterai de me fier à ce que j’ai lu: longs couloirs obscurs dans lesquels il faut ramper ou marcher plié en deux, flaques mélangées de produits toxiques, air irrespirable, échelles boueuses et abruptes ne tenant qu’à un clou, froid ou chaleur intense selon la mine qu’on visite.  Merci bien, aucune envie de provoquer le destin, d’autant plus que je “paranoïe” déjà assez avec le soleil brûlant des altitudes, les voitures et autobus qui tournent les coins à l’aveugle en vous frôlant le bout des orteils et les trottoirs piégés.  À Antigua du moins, ce n’est qu’un trou et une bosse, on s’y attend et on se surveille, mais ici les trottoirs sont lisses avec la surprise intempestive d’un trou, d’une marche, d’une crotte de chien.  Je ne sais plus combien de fois j’ai failli piquer du nez ou piétiner le dépôt canin.
Depuis le campanile de la Compagnie de Jésus, la ville est superbe de toits de tuiles rousses, de clochers ouvragés et de petites places entourées de façades multicolores.  potosiLa mine: le Cerro Rico domine la ville: une colline conique, une pyramide presque égyptienne, mais faite de ce minerai d’argent qui a fait la fortune de Potosí jusqu’au 19e siècle et, dit-on, fondé le capitalisme européen et enrichi les banques du nord de l’Europe et de la France en particulier.
Curieux incident alors que j’explore la ville cet après-midi.  Je rentre dans un magasin où la marchande, une chola en chapeau de paille cette fois (Potosí favorise le chapeau de paille plutôt que le borsalino), me demande par trois fois si je parle espagnol.  Dans l’affirmative, trois fois répétée, elle ajoute qu’elle voudrait me poser une question.  Je sens l’arnaque et recule d’un pas.  Mais elle continue et me défile toute une liste de symptômes dont elle souffre: mal dans le côté, difficulté à uriner.  Je ne suis pas médecin, c’est sûr qu’elle va me demander de l’argent pour ses médicaments.  Elle continue, on lui aurait donné 14 pilules pour une infection, mais ça n’a pas aidé.  Ça fait dix ans que ça dure, à mon avis ça viendrait d’où?  Des toilettes malpropres?  Je lui répète que je ne sais vraiment pas, que je ne suis pas médecin, que je ne peux pas l’examiner et qu’elle devrait certainement consulter un vrai médecin, d’autant plus qu’il existe en Bolivie une médecine sociale.  Elle semble satisfaite de ma réponse, me sourit gentiment et me dit au revoir.  Je me demande encore ce qui pouvait lui faire croire que je pourrais lui donner un diagnostic ou un conseil.  Peut-étre avait-elle simplement besoin de parler à quelqu’un.

pigeonAu-delà de ma fenêtre, une fontaine dans le patio.  Sur la fontaine, un
pigeon qui roucoule.  Au loin, une fanfare se fait entendre.  J’aurai raté la parade.

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Filed under Pérou-Bolivie- Septembre-Octobre 2012

El Consulado- La Paz- Sucre

Le 4 octobre 2012

Finalement, au matin, la chambre n’avait plus l’air si moche et des hautes fenêtres, un soleil réconfortant inondait la chambre.

El Consulado au matin

El Consulado au matin

Les vidanges avaient disparu.  Mise à part la boutique du rez-de-chaussée, l’ancien consulat avait des allures de maison privée avec un ravissant jardin et le petit déjeuner servi dans le solarium avec une gentillesse toute familiale.

Petit déjeuner dans le jardin ou le solarium

Petit déjeuner dans le jardin ou le solarium

Les autres clients devaient être invisibles ou très matinaux, car des sept chambres visiblement occupées, nous n’avons croisé qu’un couple et une femme seule.  On s’était promis de déguerpir au plus vite, mais nous avons décidé de rester.  El Consulado avait ses charmes.

On ne peut pas dire que La Paz soit une belle ville, mais quand le soleil est de la partie, tout a meilleure mine.  Ça monte, ça descend et à presque 5 000 mètres d’altitude, mieux vaut prendre les montées mollo.  Une chique de coca aide considérablement.  J’imagine qu’il y a 50 ou 60 ans, avant que le béton et l’automobile n’envahissent les lieux, la ville ait pu avoir un certain charme colonial.  Les beaux édifices ne manquent pas mais, un peu comme à La Havane, on les a laissé tomber en décrépitude et souvent tapissés d’affiches criardes et barbouillés de slogans pro-Morales.  À tous les cent mètres, un kiosque tenu par une vieille dame, apparemment venue des campagnes, vend des sodas et des friandises variées.

Marchandes de friandises - La Paz

Marchandes de friandises – La Paz

Elles vous offrent, souriant de toutes leurs dents en or,  des bonbons “por el placer de la boca”. Mais ce sont ces marchandes cholas elles-mêmes qui sont à croquer.  Adorables vieilles dames, ressemblant à ces poupée squ’on confectionne avec des pommes ratatinées.  Sous leurs lourdes jupes, qu’on dirait soulevées par des jupons amidonnés et les multiples châles qui les enveloppent elles dissimulent mal des formes monolythiques.  La Vénus de Willendorf a de la compétition en Bolivie.  La Vénus de WillendorfToutes rondes et aussi massives que les montagnes de Bolivie, elles sont coiffées du Borsalino traditionnel surmontant les coiffures à longues tresses, chacune se terminant par un gland de passementerie oscillant à chacun de leurs pas.  La hauteur de la coiffe et le nombre de plis de la jupe, indiquent la position sociale et le pouvoir économique.  Plus il y en a, mieux c’est!  Les bijoux aussi évidemment: lourds pendants d’oreille et broche retenant les châles.

Deux cholas dans leurs plus beaux atours

Deux cholas dans leurs plus beaux atours

Sur la Plaza Murillo, une famille chola pose pour un photographe, photos de mariage, de noces d’argent?  Deux couples et une fillette.  Leur âge est difficile à déterminer, mais ils ne semblent plus tout jeunes.  J’insiste  pour que Gilles prenne une photo, mais le temps qu’il met à sortir son appareil, ils nous ont déjà tourné le dos.  Je voulais aussi m’informer de l’occasion.  Trop tard.  Dans trentre ans ou moins, je crains que ces ravissants costumes n’aient complètement passé au folklore.  Nous n’avons vu aucune jeune femme vêtue en chola.  Dommage.

Sucre

Le vol La Paz-Sucre devait quitter à 13:30 mais lorsqu’on se présente à la porte d’embarquement, on nous dit d’attendre.  Pourtant le tableau indique bien “abordando” en lettres clignotantes.  Je m’énerve un tantinet.  Qu’est-ce qui se passe?  Personne ne sait.  Aucun représentant de la ligne aérienne.  Le vol est-il arrivé?  Sais pas.  Le tableau continue de clignoter.  Les Boliviens, paisibles, attendent sans poser de questions.  Puis, tout à coup, on embarque.  Pas de quoi se faire du mauvais sang.  Ici, comme un peu partout en Amérique du Sud, tout vient à point à qui sait attendre…patiemment.
On se réchauffera à Sucre.  Ici, c’est le printemps, les jacarandas sont en fleur un peu partout et autour de la Place 25 de Mayo.

Jacarandas en fleurs - Sucre

Jacarandas en fleurs – Sucre

C’est vrai qu’on est dimanche, mais les rues sont agréablement vides de voitures, une de temps en temps.  Dans la blanche ville coloniale, ancienne capitale de la Bolivie et candidate à le redevenir coûte que coûte – et elle l’a déjà payé cher – les palmiers royaux s’ébouriffent contre un ciel très bleu.  Cette pause chaleur, soleil et tranquillité s’impose après nos périples dans l’altiplano.  Nous avons tout à nous un ravissant hôtel colonial avec vue sur les toits de tuiles rouges de Sucre, sur ses clochers blanc et ses couchers de soleil couleur citron contre la silhouette mauve des Andes à l’horizon.  À nous les petits salons, les terrasses, les patios, il n’y a pas un chat ici.  Du moins pour trois jours jusqu’à ce qu’un tour complet de Français envahisse les lieux qu’on croyait exclusivement nôtres.  Zut!

Vue de Sucre

Vue de Sucre

Une bonne amie qui m’a envoyée crapahuter dans les pires bleds du Gujarat, m’a aussi recommandé les villages Jalq’a aux environs de Sucre.  J’aurais dû me méfier.  Elle est spécialiste en textiles qu’elle va chercher jusque chez les Indiens Shipibo de l’Amazonie et rien ne l’arrête pour une pièce.  Nous nous sommes donc retrouvés hier à nous taper encore une journée entière en 4X4 sur des chemins de terre pour aller explorer le cratère de Maragua et les villages figés…dans la préhistoire(?) de Chaunaca et Potolo.  Comme on dit: “Si j’aurais su…”. Au sommet du monde, ces villages perdus dans le paysage le moins hospitalier qu’on puisse imaginer sont construits de briques de boue de la même couleur que la montagne.

Potolo

Potolo

Bientôt, les récoltes de blé, de maïs et de luzerne devraient en reverdir les versants,mais pour le moment on fait dans le monochrome.  On vient à Potolo pour traverser des cours de ferme entre les
poules et les cochons – on ne ramasse pas trop le purin- et pour admirer le travail exquis des femmes qui accroupies dans un des bâtiments de la ferme tissent, en rouge et noir, des pièces exquises remplies d’animaux fantastiques.

Textile de Potolo

Textile de Potolo

Malheureusement, je ne suis pas collectionneuse.
On s’est payé une petite crevaison, prestement raccommodée et dont l’inconvénient a été compensé par la compagnie de Wilbur (11ans) et Ugo(6 ans), deux petits frères quechuas revenant de l’école et que nous avons ramenés à la maison.  On m’a demandé d’énumérer tous les animaux du Canada, ce qui m’a demandé un certain effort, j’ai failli oublier le castor.  Les enfants des villages Jalq’a vont à pied à l’école, un trajet de souvent plus de deux heures qui ne les ramène souvent à la maison qu’après la tombée du jour.  Je me souviens de mes enfants qui trouvaient l’autobus par trop incommode!

J’ai passé la journée à essayer d’organiser mon voyage à Potosí et au Salar de Uyuni.  Complicado!  Je dois partir demain matin et je suis encore en attente d’une réponse à savoir si j’arrive à me trouver un autre 4X4 ou si c’est le bus jusque là.  Sur la place, alors que je me presse d’agences de voyages en guichets automatiques, une  volée de perroquets, ailes vertes tête rouge, traverse la Place 25 de Mayo.  Moment magique qui fait instantanément oublier les contingences pratiques du voyage.

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Parenthèse salvadorienne

El Salvador, Avril 2010

Nous aussi on a le printemps, il est arrivé et il est violet : violet des jacarandas et des tuniques de pénitents de la Semaine sainte qui fleurissent un peu partout sur les cordes à linge en prévision des processions.

Les jacarandas autour du Parque Central d'Antigua

Il n’y a que mon jacaranda qui s’obstine à ne pas fleurir, l’air tout bête avec son feuillage maigrelet en queues de carottes : trop jeune me dit-on.  Le printemps, on l’a aussi croisé sur la route menant vers El Salvador, le long de laquelle les arbres, ployés par les vents du Pacifique, s’inclinent vers la route en demi-arceaux tout en feuillage vert tendre à peine sorti de son emballage et en éclosion de pétales roses (ni pommiers, ni cerisiers mais ressemblants).

On se dirigeait vers la plage et le petit port de pêche de Los Cobanos, sur la côte salvadorienne, à quelques kilomètres de la frontière guatémaltèque.  On s’était dit que le lundi serait tranquille.  Pas besoin de s’embarrasser de réservations.  Mais il fallait d’abord s’y retrouver : on est passé tout droit à Escuintla.  Demander son chemin?  Pas la peine, tout le monde veut t’aider mais personne ne sait et il serait impardonnable de l’admettre.  Quant aux panneaux de signalisation…  pour quoi faire?

Le Salvador était effectivement tranquille, extrêmement tranquille.  Et la plage de Los Cobanos si tranquille en fait qu’on aurait pu penser qu’elle était fermée : une petite vieille toute rabougrie vient nous ouvrir une première barrière attachée avec un gros cadenas, puis une seconde avec un judas au milieu qui permet de pousser un cri (c’est ce qu’on m’a recommandé de faire) en frappant aussi fort que possible.  Un homme vient nous ouvrir en traînant les pieds.  Pas un chat ici!  On est tous seuls!  Et lundi est jour de relâche, donc le restaurant est fermé et aussi tous les autres restaurants de la plage.   Il fait une chaleur d’enfer et on nous suggère d’aller voir quelque part par là si on ne trouverait pas quelque chose à manger.  Dans le noir, une petite tienda (dépanneur) est éclairée et, comme toute tienda qui se respecte, ne vend que des trucs en sachets, des croustilles, du coca et des bonbons.  Une dame sympa nous offre bien de nous faire bouillir de l’eau chez elle pour une soupe en sachet, mais on a préféré décliner l’offre et nous contenter de chips de yucca et de Heinekens sur notre balcon drapé de palmes qui filtrent la lumière da pleine lune sur le Pacifique, tandis qu’un chien du voisinage émet les vocalisess de circonstance.

Le lendemain, direction plages de El Tunco et El Sunzal, mecques salvadoriennes des surfeurs.  Pas très inspirants ces hôtels de surf qui ont des allures de « cour à scrap » rescapées des années soixante, avec hippies en bonus!  On s’est consolé du souper de la veille avec des langoustes à la noix de coco et aux noix d’acajou au très chic, très zen et très vide Tekuanikal (le « Telecomunical » comme nous l’indique un passant à qui on demande notre chemin).  La plage est interminable et nous nous promettons une longue promenade pour faire descendre la langouste mais la marée a monté et de plage il n’y a plus!  Il faudra se contenter du hamac.  La vie est dure…

Peu impressionnés par la plage, on a opté pour la montagne et la « célèbre » Route des fleurs (Ruta de las flores) et ses mignons petits villages Sansonate, Ahuachapan, Concepción de Ataco, Juayua.   Ce sont eux les fleurs, j’imagine, puisqu’il n’y a pas vraiment plus de fleurs ici que n’importe où ailleurs en Amérique Centrale où il y en a partout.  Toujours pas de touristes, sauf bien sûr des… Québécois!  Parce que des Québécois aussi il y en a partout, et jusque dans les coins les plus reculés.  Là où on est presque sûr de ne rencontrer personne, il y a toujours quelques uns qui traînent par là et qui n’ont pas l’air vraiment content de nous voir.  On se vole réciproquement l’exotisme je suppose.

Ataco ou plutôt Concepción de Ataco (le nom semble moins menaçant qu’Ataco tout court ) est sans doute le plus joli des villages vec ses murales naïves aux couleurs psychédéliques illustrant des bêtes fantastiques et des chats aux pupilles dilatées de trop de champignons hallucinogènes …On s’y est trouvé une cabane au Canada, un  petit chalet de rondins avec cheminée et meubles de branchages entrelacés au milieu des gardénias, orchidées, bégonias, fuchsias et des plantations de café admirables de symétrie, dont les buissons taillés en topiaires s’échelonnent à flanc de montagne en un quadrillage quasi-mathématique.  Le consortium des planteurs de café semble mener la production de café comme on fait des équations.  On les observe au restaurant où on déjeune : clones les uns des autres, même démarche chaloupée, même casquettes de baseball, même chemise polo, même pick-up.  Ces gars-là ne plaisantent pas.   Ce n’est pas exactement la façon dont on s’y prend au Guatemala où tout est davantage, disons… improvisé, pour ne pas dire planté à-la-n’importe-comment, avec basura (déchets) à l’avenant.

Hamac et cris d’oiseau.  Ici tout ferme à 7 :00; on se couche à l’heure des poules (où est l’influence espagnole?) et on se lève avec les canards au bec rose-orangé et bleu.  Leurs  caquètements,  qu’on dirait portés comme par un haut-parleur, rappellent  les sermons des  évangélistes dont le message amplifié résonne dans les allées du marché ou dans les faubourgs d’Antigua.

On au Salvador pour les canards, les langoustes, les chiens hurlant à la lune, les vertus de se coucher tôt, les sentiers de montagne bien manucurés et les Québécois de Juayua bien sûr.

C’était ma petite parenthèse salvadorienne.

 

 

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