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La beauté du delta de l’Amazone: en transit vers Belem

Samedi 20 août

Apres s’être amusés, la veille, à changer six fois d’hémisphère en une minute, en sautant à pieds joints sur la ligne matérialisant au sol l’équateur, nous quittons aujourd’hui Macapa.

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Sur la ligne de l’équateur: à chacun son hémisphère!

Pour la sixième et dernière fois, nous prenons un bateau.
Notre destination est notre terminus sur l’Amazone : le port de Belem, lui aussi dans le delta du grand fleuve, mais sur l’Atlantique et à 300 km au sud-est de Macapa.
Entre ces deux points, le splendide delta de l’Amazone et son île principale de Marajo, aussi vaste que la Belgique, que l’on peut contourner de deux façons. Soit par l’est, par la haute mer, en prenant le “Canal do Norte” qui nous fait ensuite passer par l’Atlantique (cap Maguarinho). Soit par l’ouest, en passant “entre les îles” qui forment le delta et en embouquant une série de petits canaux qui étaient, il y a encore quinze ans, une zone
 infestée de pirates, “las ratas de agua”.
C’est là que le célèbre navigateur néo-zélandais Peter Blake a perdu la vie en 2001. Il avait simplement refusé de donner, à un de ces pirates, la montre gagnée en tant que vainqueur de la Coupe de l’America. Cet épisode eut un tel retentissement international qu’il provoqua un vigoureux nettoyage du delta par la marine de guerre brésilienne. Sur le port de Santana, on raconte encore qu’il y a peu de temps, certains bateaux (les “lanchas”), naviguaient en convois et embarquaient des militaires de la Police fédérale pour repousser d’éventuels assaillants.
A Santana, nous embarquons sur l’Ana Beatriz 4, prévu appareiller à 10h. La navigation va durer un peu moins de 24h et notre bateau prendra les petits canaux de l’Ouest.
Apprenez aussi qu’il y a des marées dans l’embouchure et le delta de l’Amazone et que le marnage pouvant  atteindre 2 à 3 mètres, tous ces petits canaux ne peuvent être fréquentés que par des bateaux à faible tirant d’eau. Celui de l’Ana Beatriz étant de 50 cm, nous ne risquons rien.
Ce bateau moderne (1980), est propre et bien commandé. De nombreux détails l’attestent : les lances d’incendie, déployées et sous pression, sont prêtes à fonctionner, les aussières sont bien lovées, la diffusion générale marche bien, le matériel est rangé, les ordres donnés aux matelots sont clairs…
Il a une particularité : le pont principal, le moins cher, où 150 à 200 hamacs vont être accrochés, est climatisé.
Contre la somme de 500 Reals (170 euros pour 2 personnes), la commissaire de bord nous attribue une cabine avec douche/WC/ lavabo privée. Elle précise que le petit déjeuner est offert mais que le déjeuner et le dîner sont payants (5 euros par personne).
La cabine attribuée n’ayant plus de serrure, nous sommes surclassés et recevons une “suite”: un lit double et un lit simple superposé avec toilettes privées et frigidaire. Bizarrement il n’y a pas, comme dans les bateaux précédents, de porte-manteau ou de crochets pour suspendre nos affaires. Je dois vous avouer qu’après
six embarquements, nous sommes maintenant devenus très doués pour accrocher nos sacs en plastique (de nourriture, de déchets, de savons, de linge mouillé …), nos serviettes et autres gants de toilette aux coins du lit, au sommier du lit supérieur, à la moindre tête de vis dépassant du mur …
Aujourd’hui, avec ses murs en fer, son absence de mobilier et nos six sacs en plastique, notre cabine ressemble plus que jamais à une cellule de Fleury Mérogis qu’à une “suite” de bateau de croisière.
Nous nous y installons cependant avec plaisir et sommes étonnés par sa propreté (pas une tache de rouille ; enfin, des matelas et des murs propres). Les murs en fer sont couleur “citron vert” et le sol est bleu acier.
Dans cette cabine, la surface au sol, où nous pouvons nous tenir debout, a doublé par rapport aux précédentes ; elle est passée de 1 à 2 m2….
Mais, nous n’avons toujours pas la moindre fenêtre, ni le moindre hublot. Notre suite est, une nouvelle fois, une cabine de prison mais, cette fois ci, elle est propre…
Mon équipière d’aventure constatant que seul le lit supérieur dispose d’un drap, s’étonne qu’il n’y en ait pas sur le grand lit. “Comme sur les autres bateaux”, me dit elle.
Je lui réponds que nous n’avons jamais eu de draps propres sur aucun des six bateaux précédents. Elle manque de s’évanouir…
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Pendant ce temps, le bateau se remplit progressivement et nombreux sont les passagers qui emportent avec eux leur nourriture pour 24h. À bord de l’Ana Beatriz, il me semble que nous sommes, à nouveau, les seuls étrangers parmi les 300 passagers à bord.
Ayant une heure à attendre avant le départ, nous quittons le bateau et partons explorer le petit marché local. C’est un marché typique de village de marins : beaucoup de vendeurs de filets, d’hélices, d’appâts, de lignes d’arbres, de moteurs hors bord. Beaucoup de bazars où presque tout est vendu un ou deux euros : casseroles en plastique, pots de chambre, batterie de téléphone, montres, lunettes de soleil…
Nos pas nous conduisent ensuite au marché aux fruits. De nombreuses Brésiliennes y vendent des légumes et, dans des bouteilles en plastique, des sauces pimentées “maison”.
Plus loin, un magasin attire notre regard : un magasin d’objets religieux….
Une centaine de bouteilles  proposent des huiles pour se faire pardonner d’avoir menti, d’avoir trompé son mari, d’avoir volé. Chaque péché a son Saint et chaque Saint sa bouteille. J’en achète trois que j’offrirai bien sûr car, tout le monde le sait, je ne pèche jamais…
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Plus loin, à côté de Saintes Vierges en stuc, de nombreuses amulettes, d’une vingtaine de centimètres de hauteur, représentent la personne que l’on veut envoûter ou charmer : un paysan, un chasseur, un docteur… Il y a même une dizaine d’officiers de marine marchande (tous moustachus, beurk!) avec leurs belles tenues blanches et leurs casquettes. Qu’ont ils fait pour être envoûtés ? J’en ai une petite idée. Vont-ils, plutôt, être charmés?
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En rentrant à bord, nous faisons la connaissance de deux Français qui voyagent ensemble depuis longtemps. Nous leur parlons de l’impossibilité d’acheter sur internet un billet d’avion Belem-Cayenne et de notre crainte de ne pas pouvoir, le 25 août, voler vers Cayenne. Ils nous conseillent de passer par Paramaribo et le Surinam. Affaire à creuser demain.
Au moment d’appareiller, trois personnes demandent à monter à bord quand le bateau est déjà éloigné du quai d’un bon mètre. Le commandant accoste à nouveau et les trois passagers (dont une aveugle) sont quasiment jetés sur le pont avec leurs bagages.
Nous sommes maintenant sortis du port. Notre bateau, l’Ana Beatriz 4 se dirige vers la haute mer. Aurions nous été trompés?
Une heure plus tard, vers midi, le Comandante met la barre à droite et part plein sud dans les bras du delta.
Nous passons entre l’île Quelmada et l’île do Para.
Le chenalage commence. Il va durer 20 heures. Pour la première fois depuis un mois, nous naviguons plein sud…
Plus nous chenalons, plus le chenal est étroit et plus les îles sont proches. Elles sont toutes principalement bordées de palmiers. Il n’y a pas de plage et l’eau du fleuve touche les premiers arbres ; par moment, l’Amazone rentre de 20 mètres dans la forêt.
L’eau change de couleur en fonction des courants et contre courants ; elle passe de café au lait à thé au lait. Par moment, il y a, sur l’eau, de grosses tâches  noires ; ce sont les ombres des nuages. Le courant est fort.
Nous naviguons dans un dédale d’îles ; on se croirait dans le golfe du Morbihan.
A midi, nous avons le choix entre riz/poulet/ nouilles ou nouilles/ poulet/riz…
C’est décidé ; ce sera dînette dans notre cabine
(1 brioche et deux fruits).
Nous rentrons maintenant dans un petit canal, juste un peu plus large que le canal du Midi. Nous passons entre l’Ilha dos Macacos et l’Ilha Laguna.
Il y a peu d’eau mais cela n’est pas gênant car l’Ana Beatriz, malgré ses 4 ponts,  ne cale que 60 cm.
Le spectacle est vraiment grandiose et magnifique. Deux rubans d’arbres, grands et élancés, bordent la route marron sur laquelle nous sommes lancés. Tout est vert. Les palmiers se battent pour avoir de la place car les bambous sont aussi hauts et plus nombreux. De temps en temps un arbre, au feuillage rouge, les domine. Au pied de ces géants, l’eau  baigne et touche les premières feuilles. C’est très beau et c’est exactement le paysage amazonien que j’avais dans mon imagination et que je recherchais en faisant ce voyage.river_shore
L’étroitesse du canal fait que notre vague de sillage a bien un mètre de haut quand elle monte sur les rives, fait danser violemment les bateaux et canoës qui y sont attachés et éclabousse les indiens spectateurs sur la rive.
De temps en temps, un petit village avec une église apparaît. Le cimetière, à un mètre du bord de la rivière, est plus qu’à moitié submergé et seules deux croix bleues sortent de l’eau…
Le plus souvent, les maisons, toutes sur pilotis, sont isolées. Des enfants, à moitiés nus, en sortent et agitent leurs bras.
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Quelle vie doivent avoir les habitants de ces maisons ? Quelques uns, et ils sont rares, ont des cellules photovoltaïques pour produire de l’électricité et alimenter, entre autres, les paraboles qui leur permettent de capter la télévision (photo).
Un spectacle inattendu se produit devant nous. Sur le fleuve et devant chaque village, des femmes ou des enfants sont dans des pirogues et attendent, dignes et immobiles, le passage de notre bateau.
Je comprends ce qu’elles font quand je vois des passagers lancer dans l’eau, depuis le pont inférieur, des sacs en plastique, parfaitement emmaillotés, contenant de la nourriture et, surtout, des vêtements. Elles pagayent avec force pour éviter de chavirer avec le remous créé par notre vague de sillage et, surtout, pour récupérer le sac.
Cette scène touchante se répète une douzaine de fois.
Apres un virage, l’Ana Beatriz sort brutalement du canal et arrive dans un lac gigantesque tant l’autre rive est loin et se confond avec l’horizon. C’est encore et toujours l’Amazone.
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Nous n’avons pas le temps de chercher notre position sur une carte ; le “Comandante” vient de virer à droite et de reprendre un canal encore plus étroit.
La beauté du spectacle n’est pas surfaite car tous les Brésiliens sont sur les passavants à admirer la nature environnante.
Un jeune pêcheur lance son frêle esquif contre la coque de notre bateau et réussit à s’y arrimer. Il vend des sacs pleins de crevettes dont les  Brésiliens raffolent tant.

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La nuit vient de tomber. Pour la première fois, le soleil ne s’est pas couché sur le fleuve mais dans la forêt. Nous naviguons vers le sud et l’ouest qui, lors de nos précédentes navigations, était dans notre sillage est maintenant sur notre côté, sur la forêt.
Comme c’est notre dernière nuit sur l’Amazone, il est temps pour moi de vous dévoiler une vérité.
L’insecte le plus nuisible en Amazonie n’est pas du tout le moustique. En effet, il n’y en a pas le moindre sur un bateau qui avance sur l’eau.
C’est le “DidGé” brésilien, alias D.J, alias Disque Jockey…. Nous en avons un à bord qui, depuis ce matin 10h, est au micro et se prend pour David Guetta.
Plutôt sympa le type ; il met du Jo Dassin dès qu’ il me voit et me fit : ” Bom djour, comment ça ba”…
Mais il se croit obligé de faire cracher ses amplis et il est absolument impossible de se parler dans un rayon de 10 mètres.
A 21h, la plage arrière est devenu un dancing.

Je pars me coucher car nous arrivons tôt demain, vers 07h

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Envoyé de mon iPhone

Transcrit par Siri
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De Santarem à Macapa

Mardi 16 août 2016

santarém-brazil-9C’est très reposés que, peu avant 09h, nous reprenons le bus pour revenir à Santarem et chercher un bateau pour notre avant dernière et 6ème escale, Macapa, grande ville minière de 400 000 habitants située sur l’Atlantique et pile sur l’Équateur.

Le bus nous fait passer devant le cimetière d’un village où toutes les tombes sont propres et bien entretenues: un îlot de propreté au milieu des rues sales. Chose curieuse, certaines tombes sont surmontées d’un toit “tunnel” en tôle ondulée de zinc galvanisé ou en verre bleuté. On dirait des à abri-bus. Est ce pour le confort des défunts ou pour celui de leurs familles?

En arrivant à Santarem, nous nous rendons compte qu’il y a deux ports: un pour les gros bateaux et, sur plus de deux kilomètres, un autre pour une bonne centaine de plus petits bateaux qui doivent, je pense, n’embarquer des passagers que pour la journée.

Un taxi passe. Nous le hélons pour lui demander s’il y a un prochain départ de bateau vers Macapa. Il se renseigne au téléphone et nous informe que le “Francisco do Assis” part à 18h. Nous montons dans le taxi qui, 5 minutes plus tard, nous dépose devant le bateau.
Là encore, l’embarcadère se résume à une avancée de terre qui avance dans le fleuve. Une vingtaine de bateaux y sont beachés et là encore, une noria de portefaix, en courant et sous un cagnard, déchargent des camions pour charger les bateaux. C’est de la folie mais nous y sommes maintenant habitués.

Le “Francisco do Assis” est devant nous. Il ressemble aux bateaux empruntés précédemment  : court et très haut sur l’eau. Nous montons à bord en passant sur deux énormes madriers qui, plus tard, serviront à l’embarquement de deux camions de 18 tonnes.
Nous négocions à 500 Reals notre passage et, pour ce prix, avons droit à une des 4 cabines classiques disponibles  (murs en fer, porte en bois, 2 couchettes superposées, surface de  1,4m x 2,8m, climatisée mais sans toilettes privative). Attention spéciale de la préposée, la cabine a des boules anti-mites pour éloigner les cafards…
Nous choisissons une cabine au nord durant le voyage, la “Camarote 2” où nous déposons nos deux énormes sacs à dos et nos deux plus petits. Nous allons y passer 36 heures car le trajet est d’environ 700 km.

Il est déjà 13 heures et le soleil tape fort. Il fait environ 33/34 degrés.
Nous avons très soif et décidons de repartir à terre nous promener, nous
désaltérer et faire quelques emplettes de nourriture pour le voyage car nous savons que les repas ne seront pas copieux et plutôt mauvais.

Nos longeons donc le bord de mer qui n’est bordé que d’échoppes : des “ship chandlers” pour l’avitaillement des transports de passagers, des vendeurs de matériel de pêche, des grossistes en quincailleries diverses, deux ou trois oiseleurs ( perruches, petits perroquets), un pet-shop  où des cochons d’Inde, des chiots, dans des cages de 50×50 cm  crèvent sous la chaleur, des marchands de hamacs pour les touristes, des petits supermarchés …Santarem_Para_Brazil_StreetView_KeithRock_CC-BY

Nous déambulons en recherchant les minimarkets climatisés (rares) et l’ombre des autres. J’achète des semences de légumes locaux que j’offrirai à mon retour à Collias : des tomates brésiliennes, des piments, des courges…

Je craque pour un hamac et m’amuse à marchander le prix. Le prix passe de 130 à 80 Reals (25 euros). En partant, le marchand a le sourire, moi aussi.
Nous rentrons heureux de nos achats. Ce bonheur est de courte durée ; notre bateau est parti sans nous…

C’est un grand moment de désespoir. Je m’imagine déjà devoir prendre l’avion mais mon passeport est resté à bord.
Renseignements pris, le Francisco est parti à l’autre port charger deux énormes camions. Il reviendra dans deux heures. Ouf, ouf et ouf.
C’est un truc de ouf, comme diraient mes enfants.

Nous nous retrouvons donc sur le quai, trempés de sueur et avec nos sacs en plastique remplis de bouteilles d’eau (je vais boire près de 4 litres d’eau dans l’après midi) et de provisions. Nous traversons la rue et allons nous assoir sur un banc, à l’ombre, dans un petit jardin. Un énorme fou rire nous prend. Dans nos tenues sales et avec nos sacs en plastique, nous ressemblons à des SDF…
Avant hier, j’avais eu déjà cette impression quand j’avais dû fouiller, devant les locaux, dans la poubelle publique d’Alter do Chao pour rechercher la clé de la chambre d’hôtel égarée et susceptible de s’y trouver.
Si mes parents me voyaient, ils s’effondreraient.

Un gros iguane, de près de 90 cm de long, passe à un mètre de nous. Sa longue queue laisse, dans le sable, un sillon caractéristique. Comme un écureuil, il grimpe avec agilité dans un gros arbre proche. Deux routards brésiliens nous invitent à les rejoindre autour d’une table quand l’iguane tombe brutalement d’une hauteur de 4 m, rebondit sur un poteau en fer et atterrit groggy sur le sol, à quelques centimètres de nous. Après quelques  secondes, Il remonte dans l’arbre. On le voit en grande discussion avec un congénère. Mâle ou femelle?, nous ne le saurons jamais.Iguane

Nous attendons le retour de notre bateau et  remontons à bord dès son arrivée pour nous avachir dans nos hamacs que nous avions déjà accrochés. Quand nous l’avons fait, il était environ midi. Étant les premiers sur le pont supérieur, nous avions choisi les meilleures places : loin du bruit du bar, dans l’axe du bateau et le plus près possible de la cloison avant pour ne pas être dérangés.
Il y a maintenant, à 15h30, une dizaine de hamacs qui nous entourent. Leur nombre, nous le verrons,  ne va qu’augmenter.

De petits vendeurs  ambulants montent à bord proposer des téléphones récents neufs (volés?), du petit matériel informatique (prises…) des chargeurs de batteries…
Nous allons passer 36 heures à bord et avons payé, chacun, 250 Reals (environ 75 euros) pour 2 nuits à bord dans une cabine privée, 2 dîners, 2 petits déjeuner et un repas de midi.

Des bruits de cloche nous sortent de notre torpeur.
Des ouvriers tapent comme des sourds sur une énorme hélice en bronze posée sur le pont du bateau voisin. Cherchent-ils à redresser une pale? Quelle n’est pas ma stupéfaction quand je vois ces ouvriers se transformer en plongeurs et, sous l’eau et à l’aide de palans, repositionner cette hélice qui doit bien peser 400 kilos.

A 18h, notre bateau appareille comme prévu.
Pendant notre seconde escapade à terre, il s’est encore rempli de passagers. Nous devons être maintenant environ 330, pas très loin des 350 autorisés. Il y a donc, à bord, le même nombre de hamacs qui sont répartis entre les 3 ponts.
Sur le nôtre, le pont supérieur, j’en dénombre 65 sur un espace de 70/72 m2. Le maximum autorisé est de 84.
Les hamacs sont tous parallèles et répartis, sur notre bateau, en rangées de 3 hamacs.
Le second hamac est dans le prolongement du premier ; le troisième, très légèrement décalé, est accroché entre le milieu du premier et le milieu du second. La longueur de l’aire des hamacs mesure environ 9 mètres. Sur cette longueur, il n’y a, aujourd’hui, que 22 rangées de 3 hamacs ; il y a donc 40 cm entre celles ci et l’on peut presque dormir sans toucher son voisin.
Le nombre maximal de 84 hamacs est atteint quand il y a 28 rangées, ce qui se produit quand les rangées sont espacées de 33 cm. On dort alors quasiment dans le hamac du voisin (ou de la voisine, si on a de la chance…).IMG_1078-1
Derriere l’aire des hamacs,  une console avec trois lavabos permet de se laver les mains ou les dents.
Un peu plus loin et sur le même pont, quatre douches/WC/ lavabos entourent le bar.

L’appareillage nous permet d’observer, à nouveau, le phénomème de séparation des eaux si caractéristique du fleuve Amazone.
La moitié sud de la largeur du fleuve est marron : c’est l’Amazone ; la moitié nord est bleu marine : c’est le Río Negro qui se jette dans l’Amazone à la hauteur de Santarem.manaus-rio-negro-meeting-amazonas

Notre bateau est très court (30 m) et haut sur l’eau (4 ponts soit environ 13/14 mètres ). Son tirant d’eau est faible (environ 1 mètre, peut être moins). C’est une caisse en bois, plutôt haute, très peu enfoncée dans l’eau. Le vent s’est levé et est de face. Quand je sors de la cabine, j’ai l’impression de passer dans un gigantesque séchoir à cheveux tant il fait chaud (environ 33 degrés à 19h).
La mer s’est aussi levée et le bateau tape dans la vague. Les lignes d’arbres grincent ; le bruit est tel que, réflexe d’ancien sous-marinier, je peux le cadencer à l’oreille. Les lignes d’arbres tournent actuellement à 120 tours/minute. Un sous-marin doit pouvoir nous détecter à plus de 60 km. Pour un bâtiment de commerce, cette vitesse de rotation des hélices correspond à une vitesse de 12 noeuds ( environ 20 km/h).

Une heure après et avec des gestes malhabiles, un matelot prévient les cinq étrangers qui sont à bord que le service du dîner a commencé.
Nous nous rendons dans le lieu qui fait office de rampe de distribution. Cet endroit, étant sous le pont principal et au dessus des deux lignes d’arbres, est  particulièrement bruyant, sombre, glauque et sale. C’est une véritable descente aux enfers… La foule se presse, se serre, se tasse pour pouvoir accéder à la rampe. Il fait chaud, très chaud ; les odeurs de soupe et de gazole se mélangent. Il y a trop de saleté, de bruit et de densité humaine pour mon équipière d’aventure qui se sent mal et quitte, en pleurs, cet enfer.
Nous remontons dans notre cabine et nous partageons une délicieuse mangue violette/ verte ( les mangues aux reflets violet sont les meilleures) et quelques noix de cajou pour le dîner.mango

Ce sera notre unique repas depuis le petit déjeuner. J’en suis très heureux car j’ai besoin d’un petit régime, les quatre jours de repos à Alter do Chao (viandes et cocktails) ayant été néfastes à mon tour de taille.

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Des surprises (de bonnes et de moins bonnes…)

Mercredi 10 août :

Embarquement et transit vers Santarem (700km)
Que de monde à bord …

La seconde nuit dans l’auberge de jeunesse brésilienne a été, à nouveau, réparatrice. Il n’y a rien à dire : je dors beaucoup mieux et je m’endors plus vite dans une pièce climatisée que dans une atmosphère moite.

Je ne quitte pas Manaus avec regret. Trop chaud, trop de pollution, trop de saletés…
En revanche, je regrette beaucoup notre auberge de jeunesse, notre “hostel”, car son ambiance (beaucoup de jeunes étrangers, souvent européens,  débrouillards et ouverts), la propreté de ses lieux et son excellente position, au centre ville (près du Théatre et des restaurants), en ont fait un endroit très agréable à vivre. En partant, pour indiquer ma satisfaction des services rendus et parce que je pense qu’elle manque dans l’auberge et sera utile, je fais cadeau à la direction de l’hostel de ma très grande carte routière du Brésil dont je possède deux exemplaires. Elle est aussitôt affichée au mur et consultée.

En écourtant de 48h notre séjour dans cette grande ville, nous rattrapons les 48h perdues avec les avaries de bateaux survenues lors de la première partie de notre voyage.

Notre prochaine escale est Santarem, ville de 300 000 habitants, située à 750 km à l’Est de Manaus et quasiment à mi distance de Manaus et Belem, notre terminus sur l’Océan Atlantique.

Vers 09h30, nous partons rejoindre le port et débarquons du taxi qui nous a déposés sur le front de mer où se trouvent les embarcadères. En nous quittant, le chauffeur nous dit  “cuidado”, c’est à dire “faites attention aux voleurs et aux pickpockets”. Ce n’est pas la Promenade des Anglais, ni la Croisette de Cannes, c’est la foule de Barbès, un samedi matin.

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Manaus – Embarquement pour Santarem

Il y a cinq ou six pontons possibles ; nous jouons des coudes pour trouver le bon et apercevons au loin notre quatrième bateau, “le Nélio Corrêa”.

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Le Nelio Corrêa

Il est nettement plus petit que le précédent et fait la moitié de notre premier bateau. Et pourtant, il va emporter autant de passagers qu’eux … Nous devons être au moins 250  passagers (le maximum autorisé est 254) sur un petit bateau de 35m de long. Comme il n’y a aucun comptage, il est même possible que ce nombre maximum soit dépassé.
Un Brésilien nous dit que le  bateau voisin du notre, le “Cisne Branco” a fait naufrage,  il y a 4 ans (80 morts), a été renfloué et qu’ il re-navigue. Je le vois à 10 mètres de moi ; c’est le sister ship du nôtre…

Le bateau est accosté sur un ponton flottant rempli de petites échoppes vendant de la nourriture (saucisses, fruits, andouillettes…), de vendeurs à la sauvette (lunettes, tongs, …), de passagers et de leurs familles. Les 1 000 sacs de ciment qui se trouvent à bord à notre arrivée ont été embarqués la nuit précédent le départ. Il nous est quasiment impossible d’avancer sur le ponton.
C’est avec beaucoup de difficulté que nous arrivons à la coupée de notre bateau. Et là, stupéfaction… Il y a, à bord, encore plus de monde que sur le ponton. Partout cela grouille.
Je sais, je sais… je vous écris cela depuis quinze jours mais, très franchement, tout ce que nous avons vécu depuis notre départ est ici largement battu sur ce bateau. Cela ressemble à la gare de New Delhi, les heures de pointe, quand tout le monde pousse et se marche dessus.

Sur le Corrêa, quand nous arrivons, les hamacs sont déjà accrochés partout, même hors des zones prévues à cet effet (devant les portes des cabines, dans les coursives..) Et, sous les hamacs, nombreux sont ceux qui vont dormir à même le sol.

Environ 250 Brésiliens (avec beaucoup d’enfants, ce qui ne s’était pas produit sur les bateaux précédents) sont à bord depuis 08h, alors que le bateau est sensé appareiller vers midi. Nous avançons dans la foule, avec nos deux énormes bagages, à la vitesse de 2 à 3m par minute jusqu’à nous poser dans un endroit où nous ne gênons personne.
Quel bordel ! C’en est drôle. Un vrai cas d’école.

Un gradé en tenue blanche impeccable ( le commissaire?) nous repère, nous demande nos passeports, nous fait attendre encore 10 minutes et nous indique, enfin, notre cabine : la “4”. Celle ci est petite, a un cabinet de toilette/douche/WC presque propre de 1 mètre carré et est climatisée.
Je retire ma chemise ou plutôt le torchon imbibé de sueur qui en fait office et l’étends sur la clim pour la sécher et la refroidir.

Dehors, c’est toujours la cohue. Ça braille, ça crie, ça bouge, ça se bouscule, ça se marche sur les pieds, ça sent la sueur, ça pleure (les bébés), ça négocie (7 oranges vertes pour 4 reals soit 13 euro), ça vomit de la musique….
C’est l’atmosphère des foules brésiliennes. Dans cette cohue, nous retrouvons Alexandra et Thomas, nos amis français qui dorment en hamac.

Après quelques minutes de repos dans la cabine, je monte (avec ma chemise rafraîchie) à l’étage supérieur pour accrocher mon hamac. Il n’y a plus qu’un seul crochet libre : le dernier, le plus venté. La leçon est retenue pour le prochain bateau.

Nous ne partirons pas à 12h mais à 14h. Il faut donc se  sustenter. J’achète, sur le ponton et à nouveau pour 4 reals, un délicieux friand au fromage et un succulent friand à la viande.

A 14h, nous appareillons. Un homme de 35 ans, en tenue blanche impeccable (vraisemblablement le commandant ou l’officier de quart), mais sans le moindre galon ( bizarre !) sur les épaules, murmure des ordres de barre et de moteur à un jeune (officier?) qui tient la barre.
Le Corrêa a deux lignes d’arbres. La manœuvre d’appareillage est bien exécutée malgré un fort vent d’est. Le trajet étant prévu durer 36heures, nous devrions normalement accoster vendredi  vers 2h du matin et, normalement, le commandant laisse les passagers finir leur nuit à bord avant de les débarquer.

Dès les premières minutes de navigation, la différence d’état de la mer est flagrante. L’apport du puissant Rio Negro, venant du nord, a fortement accru le débit et la largeur de l’Amazone, qui a doublé, et fait maintenant environ 5 km de large.

Pendant 50 km, les eaux noires du Rio Negro (venant du nord) sont restées le long du bord nord du fleuve tandis que le bord sud conservait les eaux boueuses et marron de l’ancien Rio Solimões. La ligne de séparation de ces eaux est franche et quasi rectiligne. Spectacle rare et étrange…

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Rencontre des eaux du Rio Negro et du Rio Solimões.

Il y a, maintenant, du vent et des vagues sur l’eau. On se croirait presque en pleine mer si on ne percevait pas encore, au loin, les deux rives. Les îles et les canaux adjacents ayant disparu, l’Amazone, en aval de Manaus, est devenue une autoroute fluviale. Les bateaux sont nombreux et se croisent régulièrement et sans problème. Les gros (porte conteneurs, paquebots..) naviguent au milieu ; les plus petits, comme le notre, longent prudemment les berges.
Nous sommes encore, mais très faiblement,  dans l’hémisphère sud.
Le soleil se couche vers 18h30 et presque toujours plonge dans l’Amazone car son lit est orienté suivant un axe Est/Ouest

Ces couchers sont toujours aussi rouges et aussi beaux. Je ne m’en lasse pas.Coucher

La musique du petit bar n’a pas baissé ; il est impossible de se parler et les passagers continuent de passer leur temps à se déplacer bruyamment. La nourriture semblant infecte, je prends un croque-monsieur au bar et fatigué, je pars vers 20h me coucher.
Le 11 août 2016

Fin du trajet et arrivée de nuit à Santarem

Ce matin et peu avant 6h, les premiers Brésiliens s’éveillent.  Ils sortent  de leur hamacs et commencent à jouer de la guitare et à bouger dans tous les sens.

Je suis réveillé. Je me lève. Il fait un temps splendide. Ma première action est de monter voir l’officier de quart et barreur.
Je lui montre ma carte et il m’indique que nous sommes au large du petit village de Mocambo, que nous avons presque fait les 2/3 du trajet et que nous devrions arriver à Santarem vers 23h (soit après 33h de transit, ce qui était prévu). Je comprends aussi que nous serons autorisés à rester dormir à bord après l’arrivée, mais je ne suis pas certain d’avoir bien compris.

Ces deux bonnes nouvelles sont contrebalancées par la rumeur que le bateau ne fournit pas de repas aux passagers … La cuisine, immonde, aperçue hier est réservée à l’équipage. Il faut donc se nourrir avec ses propres provisions (ce que font presque tous les passagers)  ou acheter des nouilles chinoises ou des croque-monsieurs au bar.
Il ne nous reste plus que quelques fruits.

Le bar étant fermé, je regagne ma cabine et constate très rapidement que, compte tenu de la cohue, c’est le seul endroit disponible pour prendre “calmement” mon petit déjeuner qui sera composé d’un verre d’eau, de deux biscuits et de deux oranges. Compte tenu de l’exiguïté de la cabine, il n’y a que la douche/WC/lavabo comme endroit adéquat pour préparer le p’tit déj. Les oranges achetées hier étant très juteuses, me voici assis sur la cuvette des toilettes pour peler les fruits au-dessus du minuscule lavabo.
Je suis en train de m’acquitter très consciencieusement de cette tâche quand je sens un chatouillis sur le mollet. Un énorme cafard, gros comme le petit doigt, est en train de remonter vers ma cuisse. Je le fais tomber et l’écrabouille du pied droit. Cela fait un bruit étrange de biscuit écrasé. Crunch, crunch….. Je n’ai plus faim.
Je l’examine. Il était énorme. Cela fait bien 40 ans (dans une cuisine de Djibouti) que je n’avais pas vu un cafard aussi gros. Un coup de douche et le cafard repart par le trou noir dans le sol (qui sert d’évacuation) par lequel il a dû arriver.
J’inspecte la cabine de fond en comble (surtout les plafonds). Le gros cafard n’a pas de copains.

Un bateau comme le nôtre

Le reste de la journée est plus calme. Le bateau glisse lentement sur l’eau.
Il s’arrête de temps en temps pour débarquer des passagers.
La police brésilienne, surarmée et omniprésente à notre embarquement à la sortie du Pérou (elle faisait jusqu’à 5 à 6 fouilles des bagages par jour …), ne se manifeste plus.

A midi, je me contente d’un bol de nouilles chinoises réchauffées au micro ondes par la barmaid.

À l’exception de sa couleur toujours aussi brune, l’Amazone continue de changer; le fleuve est de plus en plus large et ses berges, maintenant, ressemblent presque à des rives de fleuves français. ob_bc7ff6_habitations-le-long-de-l-amazoneFinies les hautes rives boueuses et fortement inclinées du Pérou Finies les bandes ininterrompues d’arbres gigantesques.
Les rivages sont juste à un mètre au dessus du niveau de l’eau et bordés de prairies remplies de vaches.
Les villages sont remplacés par des petites villes et, plus on navigue vers l’est et vers l’Atlantique, plus ces villes sont propres ; plus les bateaux sont gros, et plus les quais sont bien entretenus.

En revanche, la musique du bar dégueule à fond de la musique disco brésilienne depuis 8h du matin. Ce qui est plus insupportable que la saleté des toilettes ou que la cohue ambiante, plutôt sympathique, car tout le monde fait des sourires aux sept étrangers, perdus parmi les 250 passagers brésiliens.

La faim commence à se faire sentir : pas de repas digne de ce nom depuis 40 heures.
Par le plus grand des hasards, nous apprenons, 6 heures avant l’arrivée, qu’il y a bien une cuisine pour les passagers, et qu’il faut acheter des tickets.
Nous trouvons, cachée dans un coin du bateau, la dame qui vend ces tickets de cantine (3 euros le repas).
Pour ce prix là, nous avons droit à une assiette de nouilles/riz/poulet. Cela vous rappelle t-il quelque chose ? A nous, oui ! C’est notre onzième jour sur un bateau et c’est la onzième fois que l’on nous sert ce plat.
A croire que tous les cuistots de la marine marchande brésilienne ne savent faire que ce mélange. Jamais de fruits. Pas de dessert…

A 19h, nous faisons escale une heure à Obidos. C’est le premier port propre et bien tenu aperçu depuis 3 semaines. Les quais sont en pierres, il n’y a pas de détritus, pas de vase ni de boue puante ; pas de carcasses de bateau en train de pourrir ; les rues sont bien éclairées, les maisons sont propres et peintes. On se croirait presque à Collias !

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Obidos

Pendant l’escale, je sympathise avec le lieutenant en second qui a fait la manœuvre d’accostage. Il me fait rentrer dans la timonerie. Son vieux rafiot, le Corrêa a beaucoup de matériel électronique : un radar, un détecteur de radar, un GPS, un sondeur, un compas.
De tous les instruments, le plus utilisé est le projecteur qui sert très souvent à éclairer l’eau devant l’étrave. Comme le commandant semble avoir peur de percuter une pirogue de pêcheurs, il allume son projecteur dès qu’il aperçoit ou croit apercevoir une petite lueur au ras de l’eau.

Par lui, j’apprends qu’à Obidos, à 700 km de la mer, l’Amazone a encore 15 mètres de profondeur. C’est tout simplement énorme.

Parmi les autres bonnes surprises, il y a la découverte d’une fontaine à café chaud apportée après chaque  repas. Le café est gratuit et tout simplement délicieux. Il est, de plus idéalement sucré et pour moi, qui rêve, la nuit, de glaces et de gâteaux à la crème depuis deux semaines, ce café sucré est un bon palliatif.

La sono continue de cracher cette musique brésilienne si particulière. Il faut être sourd ou impotent pour ne pas avoir envie de danser.
Le DJ vocifère et annonce les prochains morceaux dans de très longs hurlements. On se croirait en boîte de nuit ..
Dehors, il fait bon et c’est la nuit noire. La croisière s’amuse.

Certains passagers commencent à replier leurs hamacs ; le terminus ne doit plus être très loin.

Vers 01h, le N/M Nélio Corrêa accoste à Santarem sur un ponton.  “Terminé barre et machines”…..

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Le port de Santarem

Comme la plupart des passagers, nous restons dormir à bord.

Pour terminer et pour répondre à certains mails, je précise que la belle et voluptueuse jeune passagère brésilienne est un joli mythe.

Voici un exemple de passagère…pasagere

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