La rencontre de deux géants

Lundi 8 août
Arrivée à Manaus
Il est 07h. Nous sommes à 180 km en amont de Manaus que nous devrions atteindre vers 14h.
Je suis seul à prendre mon petit déjeuner sur le pont supérieur. Chose exceptionnelle, la sono ne diffuse pas de la samba “à plein tube” mais des slows américains langoureux. La mer est un miroir que le soleil levant fait briller, la température est idyllique et la végétation toujours aussi belle.sunise
Nous venons de croiser un tout petit bateau de 8m de long, très haut sur l’eau  car, malgré sa petite taille, il possède un immense pont supérieur. C’est un modèle réduit du nôtre. Comme tous les bateaux sur l’Amazone, il très haut sur l’eau et chargé, à ras bord, de bananes. L’expression est bien choisie car il ne sort de l’eau que de quelques centimètres. Un coup de vent, une vague un peu haute et, plouf … le petit bateau se retourne.
Seules la rareté des tempêtes et la quasi-permanence, toute l’année, d’une mer d’huile sur les fleuves amazoniens permettent de faire naviguer des bateaux aussi hauts et aussi courts. En Europe, ils seraient tous interdits de navigation car ils chavireraient au premier coup de vent.
Vers midi, apparaissent à la surface de l’eau de très nombreux déchets végétaux flottants: des petits arbres, des îlots de nénuphars.  Cela indique que nous approchons de Manaus, l’endroit où le puissant Rio Negro, venant des terres noires du Nord-Ouest, se jette dans le Río Solimões, sur lequel nous naviguons depuis Tabatinga. Après cette rencontre, le Rio Solimões s’appellera (jusqu’à l’océan Atlantique) l’Amazone.
La rencontre de ces deux géants produit un phénomène rare. Les eaux noires du Rio Negro et les eaux marron clair du Rio Solimões coulent, côte à côte, sans se mélanger pendant plusieurs kilomètres. Les différences de vitesse et de température des deux fleuves en sont la cause.manaus-rio-negro-meeting-amazonas
Sept jours passés sur deux cargos m’ont amariné et retiré mon étiquette de touriste. Comme les Brésiliens, j’accroche vite et sans faute mon hamac, je lave et étends mon linge, remplis ma gourde au robinet d’eau fraîche, m’allonge en travers dans mon hamac (et non dans le sens de la longueur), sirote du café très sucré, joue aux dominos ou aux cartes le soir, retire mes chaussures dès que possible, regarde les J.O à la télé….
Nous arrivons à Manaus à 14h.
Manaus a toujours été, pour moi, une ville de légende, un mythe associé, comme l’Amazone, comme le Far West … à l’aventure
C’est maintenant une métropole de plus de deux millions d’habitants, avec son trafic infernal, ses centres commerciaux, ses gratte-ciels…manaus-008
La ville a connu son âge d’or au milieu du XIXème siècle avec la culture du caoutchouc puis son statut a décliné, au début du XXème, avec l’arrivée des matière synthétiques.
Aujourd’hui, cette ville est, cependant, un des principaux pôles industriels du Brésil grâce à son statut de zone franche.
Manaus est une ville surprenante, séduisante, fatigante. La chaleur humide y est étouffante. Les gaz d’échappement sont perceptibles.
Nous avons trouvé un super lieu pour y séjourner : une auberge de jeunesse toute neuve, propre, avec du Wifi qui fonctionne, en plein dans le quartier sympa et à 100m du célèbre Teatro Amazonas.
Nos premiers pas nous y conduisent. Construit à l’âge d’or du caoutchouc, à la fin du XIXème siècle, c’est l’édifice le plus surprenant de Manaus. Un Opéra en plein milieu de l’Amazonie, directement inspiré de l’Opéra Garnier à Paris et construit avec des matériaux importés d’Europe. A l’extérieur, le dôme est recouvert de tuiles aux couleurs du drapeau brésilien. unnamedA l’intérieur, la salle de spectacle peut accueillir 700 personnes. Quelques tapisseries ornées de jaguars rappellent qu’on est en Amazonie. On aurait bien voulu assister à une représentation, mais malheureusement il n’y en avait aucune au programme pendant notre court passage (nous repartons vers Santarem dans 48h).
Demain matin, il y a une visite guidée. Nous y serons.
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2 Comments

Filed under On the Amazon - Between Peru and Brazil, Uncategorized

2 responses to “La rencontre de deux géants

  1. Garraud Claire

    Bonjour, pourquoi ne pas compléter votre récit en anglais du récit de Yann (en français) que vous pourriez traduire pour nos amis seulement anglophones. En effet, le récit de Yann est très précis, rempli de détails factuels qui nous font vivre votre descente de l’Amazone comme si nous y etions. Votre texte en anglais est fait plus d’impressions que de descriptions factuelles.
    La combinaison des deux styles en ferait un reportage remarquable.
    Claire- an international parisian…

    • Merci de votre commentaire. Comme vous avez dû vous en rendre compte, ce blogue et mon coeur oscillent entre le français et l’anglais.
      Mais votre suggestion mérite qu’on s’y attarde, si jamais j’ai le temps de traduire les textes de Yann en anglais (ou les miens en français).
      Cela dit, vous avez parfaitement raison, Yann est précis, factuel; je suis impressionniste.

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