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Vers la Bolivie

27-28 septembre
Pas pour tout de suite la Bolivie…Il faut d’abord retourner à Puno sur le lac Titicaca, puis de là s’amorcera un long périple que j’espère ne jamais devoir répéter.  On y reviendra.
On a raté la tempête de neige sur la route de Chivay et du canyon de Colca jusqu’à Puno.  Ma soeur qui retourne à Arequipa a eu moins de chance – ou plus c’est selon- la tempête de neige, elle l’a eue.  Mon beau-frère, poète, compare le Chachani “enneigé, somptueux” à “une mariée avec le ciel du Pérou”.

Le Chachani enneigé, le 27 septembre 2012

De notre côté, on voit qu’il a neigé quelques heures plus tôt car la neige s’étale en lambeaux, tel un drap usé par le temps, à perte de vue sur l’altiplano dont la surface à la fois terreuse, rocailleuse et noirâtre pointe au travers.  Les nuages planent bas, le jour est peint en grisaille, on se croirait au Québec en novembre, n’était-ce des glaciers à l’horizon, de l’immensité de la pampa et des troupeaux d’alpagas broutant à travers la neige effilochée.  Ce paysage austère, lunaire, préhistorique, dont les montagnes voûtées évoquent des silhouettes d’animaux jurassiques pétrifiés, cède la place à un lieu plus riant, dit Lagunillas pour ses dizaines de lagunes peuplées de flamants roses et de cormorans.

Flamants roses des lagunes

Arrêt pour admirer de plus près, mais le froid me retient et aussi un Labrador noir qui semble nous attendre avec anticipation.  Il frétille de la queue et s’attend manifestement à quelque chose.  Je lui offre la moitié d’un sandwich à la tomate et à l’avocat, qu’il dévore goûlument, ne délaissant que quelques feuilles de laitue qui ne semblent pas l’intéresser.  Puis un autre se pointe, presque entièrement caché sous sa tignasse cotonnée en rastas.  Les poils lui pendouillent de chaque côté du museau comme des couettes de juif hasidique, sa queue  traîne à terre.  Lui aussi attrape un sandwich au vol et s’enfuit pour le dévorer en paix, loin des regards indiscrets. Il aurait vraiment besoin d’un toilettage celui-là, et plusieurs autres aussi.

Le rasta du coin

Le chien péruvien est de bonne taille, bien poilu, souvent tacheté, l’air sympathique et patient et il n’a jamais eu de contact avec une brosse.

Pas grand chose ne me tente dans les magasins, les tricots d’alpaca sont tous faits pour quiconque fait deux fois ma taille et les tuques et mitaines ne sont pas très utiles au Guate.  Par contre, je ramènerais bien un chien, une de ces grosses boules de poils et certainement pas le chien sans poil des Incas, noir de cuir et hérissé de quelques poils follets entre les oreilles et au menton.  Pour que se perpétue la race, en voie d’extinction dit-on, chaque musée péruvien doit adopter un couple de ces affreux jojos.

Chien nu du Pérou

On en a vu un au Musée Larco de Lima qui, à son embonpoint, ne semblait pas trouver la vie de musée trop pénible.
De Lagunillas à Puno, antilopes des Andes et vigognes se poursuivent sous un ciel d’un rose de barbe à papa.

Coucher de soleil sur l’altiplano

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Filed under Pérou-Bolivie- Septembre-Octobre 2012